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La République est-elle née dans le sang ? 🩸⚖️

  • Photo du rédacteur: madamedefrances
    madamedefrances
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

La République aime se raconter comme une naissance lumineuse.Un accouchement difficile, certes, mais nécessaire.Une rupture salvatrice avec un passé jugé obscur.

Et pourtant, une question demeure, insistante, dérangeante :

la République française est-elle née dans le sang… ou par le sang ?


🏛️ 1792 : la République naît dans la violence, non dans l’unanimité

La République n’est pas proclamée à la suite d’un vote populaire clair et apaisé.Elle surgit dans un climat de peur, de guerre, de pression des foules parisiennes.

Le 10 août 1792, la monarchie est renversée par l’insurrection.Le roi est emprisonné.La Constitution est suspendue.

Quelques semaines plus tard, la République est proclamée.Mais entre-temps, le sang a déjà coulé.


🔪 Les Massacres de Septembre : le baptême sanglant

Avant même que la République ne soit officiellement installée, elle est précédée par un crime fondateur :les Massacres de Septembre 1792.

Des milliers de prisonniers sont exécutés sans jugement.Prêtres, femmes, vieillards, simples suspects.Le meurtre devient préventif.La violence devient politique.

Ce n’est pas une bavure. C’est un message : la peur gouvernera.


⚖️ La mort du roi : fondation par l’exclusion absolue

La République aurait pu naître en laissant vivre le roi.Elle ne l’a pas voulu.

Le procès de Louis XVI n’est pas un procès équitable.Il est conçu pour légitimer une exécution déjà décidée.

Le 21 janvier 1793, le roi est guillotiné.

À cet instant, la République franchit un seuil irréversible :elle se fonde sur la mort, elle se rend incapable de retour, elle sacralise la violence politique.


🩸 La Terreur : gouverner par la peur

Une République née dans la violence ne peut se maintenir que par elle.

Très vite :

  • la suspicion devient loi

  • l’opinion devient délit

  • la guillotine devient outil de gouvernement

La Terreur n’est pas une dérive extérieure à la République.Elle est son mode de consolidation.


Pour survivre, le régime doit :

  • éliminer ses opposants

  • puis ses modérés

  • puis ses propres fondateurs


🗣️ Le peuple invoqué, le sang versé

Tout se fait au nom du peuple.Mais le peuple réel ne décide pas.Il acclame ou il se tait.

La République parle pour lui, décide pour lui, tue pour lui.

Le sang versé devient un argument politique. La mort devient fondatrice.


🌿 Comparaison impossible avec l’Ancien Régime ?

Aucune société n’est exempte de violence.Mais l’Ancien Régime ne se fonde pas idéologiquement sur le meurtre.

La République, elle, naît :

  • d’une insurrection

  • de massacres

  • d’une exécution politique centrale

  • d’une Terreur institutionnalisée

Ce n’est pas un accident.C’est une genèse.


👑 Conclusion : une naissance qui interroge encore

Poser la question n’est pas provoquer.C’est réfléchir.

Une République née dans le sang peut-elle durablement se réclamer de la morale ? Une liberté fondée sur la guillotine peut-elle rester fidèle à l’homme ?

La République française ne s’est pas contentée d’hériter d’une violence.Elle s’est fondée sur elle.

Et c’est peut-être pour cela que son rapport à l’autorité, à la contestation et à la mémoire reste, encore aujourd’hui, profondément conflictuel.


📚 Pour approfondir

Historien reconnu de la Révolution française, Jean-Clément Martin montre que la Terreur n’est ni un simple accident ni une dérive marginale, mais un mode de gouvernement né des conditions mêmes de la fondation républicaine.

 
 
 

1 commentaire


kohydw7oq
il y a 16 heures
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